À quoi servent FMI

Rôle économique et stratégique du FMI

Faisant le constat que les dérèglements monétaires et les crises financières ont joué un rôle aggravant dans le déclenchement de la 2°G.M, la communauté internationale a décidé de créer une organisation supranationale pour prévenir & réguler les fracturations du système monétaire international.




1- ROLE du FMI :

Le FMI est né en 1945, en même temps que la BIRD ou la BM, lors de la conférence de Bretton-Woods. C’est un instrument de régulation pour promouvoir et coordonner les politiques monétaires, destinées à favoriser la reconstruction et le développement économique. (BM: fournit des prêts destinées à financer, à plus long terme, des projets de reconstruction et d’équipements).

A l’origine, il a été crée en vue de :

·      Réguler le Système Monétaire International (SMI) de changes fixes;

·      Mettre fin aux fréquentes dévaluations.

2- HISTORIQUE du FMI :

§ 1962: 1ère réforme majeure qui fixe la fluctuation des taux de change dans une marge de 1% ;

§ 1967: Création des droits de tirage spéciaux (DTS), l’unité monétaire de réserve et de compte dans laquelle sont libellés les crédits alloués par le FMI. C’est un instrument de réserve international que les membres peuvent utiliser pour leurs paiements internationaux et dans leurs transactions entre eux;

§ 1971: Elargissement des marges de fluctuations à 2,25%;

§ A partir de 1973: Le choc pétrolier affecta durement les balances de paiement des Etats membres et sonna le glas du régime de Bretton Woods (suspension de la conversion du dollar en or, flexibilité des taux de changes); le FMI redéfinit ses missions et devient un instrument de régulation financière et d’aide aux PVD en leur permettant de surmonter leurs déficits de la balance des paiements et de financer des politiques d’ajustement ou de réforme macro-économique.

§ A partir de 1982: les ressources du FMI servirent essentiellement à résorber la crise mondiale de la dette dans les pays pauvres et à la mise en place des PAS. Les PAS s’expriment par des exigences très fortes en matière de politique budgétaire : Accroître les recettes, Réduire les Dépenses, Réduire les investissements pour assurer le service de la dette

§ Aujourd’hui, avec l’apparition de la notion des PPTE et les crises qui ont secouées l’Asie (1997), la Russie (1997) la Turquie et l’Argentine (2001) le fonds à dû infléchir ses politiques d’ajustement et s’est intéressé davantage aux questions sociales de concert avec la BM en plus de la surveillance des systèmes bancaires en difficulté.

3- la répartition des pouvoirs du FMI:

    La répartition des droits de vote est en fonction du montant des cotisations des Etats. La majorité qualifiée est de 70%. Les E-U détiennent une minorité de blocage de 17,14%. Les 10 pays industrialisés représentent un droit de vote de 56,28%, les PVD de 38%.

pouvoirs du FMI


4- LE FINANCEMENT DU FMI :

       A son adhésion, chaque Etat se voit demander une souscription ou quote-part qui varie en fonction du poids relatif du pays dans l’économie mondiale. La contribution la plus forte est celle des E-U (17,6%). Le montant de cette quote-part détermine aussi le montant des concours que chaque pays peut demander au FMI ainsi que son allocation en droits de tirages spéciaux (DTS). Depuis 1969, les DTS sont l’unité monétaire de réserve et de compte dans laquelle sont libellés les crédits alloués par le FMI.

    Les DTS n’est pas une monnaie, elle joue un rôle identique à celui que remplissait l’ECU pour l’Europe. La valeur d’un DTS est déterminée à partir de la moyenne d’un panier de 4 devises.

    Le FMI peut également effectuer des emprunts auprès d’institutions internationales ou auprès d’organisations informelles comme le club de paris. Celui-ci regroupe les 19 Etats détenant les plus fortes créances sur les PVD avec lesquels les négociations de gré à gré s’établissent afin de remédier au poids du surendettement.

    L’Etat membre dispose d’un certain délai pour résoudre les difficultés, après quoi il doit rembourser le compte des ressources générales du fonds, en versant une commission dont le taux d’intérêt est inférieur à celui du marché.

5 – LES CONCOURS FINANCIERS ALLOUES PAR LE  FMI (PRETS) :

Les instruments de prêts sont nombreux : Les accords de confirmation mis en place en 1952 et qui restent à ce jour le principal support des prêts. 5 autres modalités d’octroi de crédits existent aujourd’hui (sous forme de mécanisme élargi du crédit  -MEC- ou de ligne de crédit préventive). La FRPC, (facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance), a remplacé la FAS (facilité d’ajustement structurelles) et FASR (structurelles renforcée).

Le FMI n’est ni une agence d’aide, ni une banque de développement, il vend aux pays demandeurs des DTS en échange de leur propre monnaie. Ils font l’objet d’un dépôt auprès de la banque centrale de l’état récipiendaire à seule finalité de compléter ses réserves de changes.

Cependant force et de constater que ces crédits s’accompagnent d’une grande intervention du FMI dans les politiques économiques et financières nationales par le biais des politiques d’ajustement.

6- l’administration du FMI :

 Le conseil des gouverneurs: il constitue la plus haute autorité du FMI, au sein de laquelle l’ensemble des pays sont représentés. Le conseil se réunit une fois par an au cours de l’assemblée générale du FMI. ses membres (ministres des finances ou gouverneurs de la banque centrale) sont également amener à siéger en comité, qu’il s’agissait du comité monétaire et financier ou du comité du développement qui traite des questions intéressant les PVD.

Le conseil d’administration: Sous la présidence d’un D-G, il compte 24 membres. Les 5 plus importants contributeurs du FMI (E-U, Japon, Allemagne, France, GB) qui disposent, de droit, d’un administrateur, de même que la Chine, la Russie et l’Arabie Saoudite. Les autres membres sont désignés par un collège de pays.

7- Problématiques liées au FMI :

Ø L’élargissement du champ d’action du FMI (acteur principal de la dette, alors que son action de base serait celle d’aider les pays ayant des difficultés de balance de paiements), le conduit à interférer avec les compétences de la banque mondiale.

Ø la minorité de blocage pour les pays développés : Les E-U détiennent une minorité de blocage (17,14%) dans la mesure où 85% des voix sont nécessaire pour modifier la charte.

Ø un déficit de représentativité des pays en développement  (fonction des quottes part) ; L’ensemble des pays africains n’est représenté que par deux administrateurs, alors que les pays de l’OCDE ont chacun un représentant ;

Ø limitation du droit de vote des PVD : l’ensemble du droit de vote de ces pays est très inférieur à celui des pays riches.

Ø un déficit en matière de transparence et de contrôle : information inaccessibles, désignation des responsables, manque de clarté, délibération de l’ORD confidentielle.

BILAN

Echec des politiques appliquées par le FMI dans le règlement de la dette et dans la gestion des crises. Par ailleurs, la globalisation des échanges et la mondialisation des économies replacent au centre des interrogations la question de la régulation et, partant, du rôle du FMI et des moyens dont il dispose.


Les dérèglements monétaires et les crises financières ont joué un rôle aggravant dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Au lendemain de ce conflit, il semble nécessaire de donner les moyens à une organisation supranationale pour prévenir et régler les fluctuations du système monétaire mondial. Il s’agit du fonds monétaire international duquel on voulait faire un «  Gendarme de la prospérité ». En effet, cet organisme voit le jour en décembre  1945 après que les 29 premiers Etats membres ont procédé à la ratification des statuts élaborés lors de la conférence monétaire et financière  de  Bretton Woods     ( juillet 1944 ) . C’est une initiative conçue pour permettre à ces Etats de gérer collectivement des désordres relatifs au déséquilibre des paiements internationaux.

Avantages stratégiques du fonds monétaire international
Avantages stratégiques du fonds monétaire international
Le F.M.I, qui conseille les pays en matière de politique économique et fiscale et encourage la coordination  des politiques à l’échelle mondiale, procure aussi une assistance technique aux banques centrales  en matière de comptabilité, de fiscalité et d’autre questions financières. Cependant, à partir des années 1980, il s’est caractérisé par ses interventions sur la structure productive et financière des économies nationales par le biais des politiques d’ajustements structurels dans le but de réduire la pauvreté à l’échelon mondial. Peut-on considérer ces interventions  comme des avantages stratégiques apportés par le F.M.I aux pays en voie de développement ?

Le fonctionnement du F.M.I dépend de son administration et de ses sources de financement qui lui ont permis d’allouer des concours financiers immédiatement après la guerre et jusqu’aux  années 1970, lorsque les désordres monétaires ont surgi pour balayer le terrain à la mise en œuvre d’une politique d’ajustements structurels, considérée comme avantages stratégiques par les uns et contestée par les autres, à travers la gestion des dettes des décennies 80 et 90 et   la stratégie de lutte contre la pauvreté   pour aboutir à des conséquences concrètes sur les plans politique et social dans les pays en voie de développement .

Fonctionnement stratégique du F.M.I


1.   Fonctionnement stratégique du F.M.I

 1.1.      Mission et administration.

 Le fonds monétaire international est une institution financière, dépendant de l’organisation des Nations Unies (ONU), qui a pour objectif de régler les désordres monétaires internationaux. La création du F.M.I en 1945 répond au constat fait par l’ensemble des gouvernements composant ce que l’on n’appelait pas encore la communauté internationale. Le fonds s’assigne dès sa création de multiples objectifs : promouvoir la coopération monétaire internationale et œuvrer en faveur d’une croissance équilibrée des échanges commerciaux transnationaux, par la mise en place  d’un régime de paiement multinational des transactions  courantes dans un cadre général de suppression des entraves au développement du commerce international .

Le F.M.I, dont le siége se trouve à Washington  DC aux Etats Unis d’Amérique , est responsable devant ses 184 Etats membres  et il est géré par un conseil de gouverneurs qui constitue sa plus haute autorité au sein de laquelle

l’ensemble des pays membres sont représentés . Chaque Etat, nomme un gouverneur ( il s’agit souvent du ministre des finances ou, à défaut, du gouverneur de sa banque centrale) ainsi qu’un suppléant. Le conseil se réunit une fois par an au cours de l’assemblée générale du F.M.I. Les membres du conseil sont également amenés à siéger en comités qui  traitent  des questions concernant plus particulièrement les P.V.D.  et  ils siégent deux fois par an . On trouve aussi les 24 membres du conseil d’administration qui se réunissent trois fois par semaine sous la présidence du directeur général . Les cinq plus importants contributeurs du F.M.I (USA, Japon, Allemagne , France et Grande Bretagne ) disposent, de droit, d’un administrateur ; De même que  la chine, la  Russie  et l’Arabie Saoudite . Les seize administrateurs  restants sont désignés, pour un mandat de deux ans, par un collègue  de pays . A la différence d’autres agences internationales où chaque pays dispose d’une voix, le conseil du F.M.I vote selon un système de pondération qui est  fonction de la quote-part du pays en question . Les membres du conseil élisent leur président qui porte le titre de directeur général, pour un mandat de cinq ans renouvelable . Ce poste est occupé , depuis le 1°Mai 2000 par HORST KOHLER ancien président de la Banque Européenne pour la reconstruction et le développement ( BERD) , huitième directeur général du F.M.I depuis sa création . Pour pouvoir bien fonctionner et atteindre ses objectifs, le F .M.I est une agence internationale dont le compte et alimenté par les contributions des états membres .

1.2.      Sources de financement :

              En devenant membre du F.M.I, chaque Etat se voit demander une souscription ou quote-part qu’il verse au moment de son adhésion . Le montant de cette contribution varie en fonction du poids relatif, du pays en question, dans l’économie mondiale. Plus celui–ci   ( en terme de reproduction et de volume de ses échanges ) est important, plus sa quote-part due au F.M.I est élevée. La contribution la plus forte est celle des Etats Unis d’Amérique qui représente 17,6% devant le japon et l’Allemagne avec 6,5% et  la France et la grande Bretagne avec 5,1%. La contribution la plus modeste est celle des SEYCHELLES qui est de l’ordre de 0,0004%.

               La somme de la quote-part détermine à la fois le montant de souscription, le montant des concours que chaque pays peut demander au F.M.I ainsi que son allocation en D.T.S (Droit de tirages Spéciaux ). Depuis 1969, les D.T.S sont l’unité monétaire de réserve et de compte dans laquelle  sont libellés les crédits alloués par le F.M.I. Le D.T.S n’est pas une monnaie matérialisée et aucune pièce ni aucun billet de banque ne circule en D.T.S. C’est une unité monétaire qui joue le rôle identique à celui que remplissait l’E.C.U avant que les pays de l’union européenne n’adoptent l’euro comme monnaie unique. La valeur du D.T.S est déterminée à partir d’une moyenne pondérée des quatre devises représentatives des monnaies les plus utilisées dans les transactions internationales à savoir : Le Dollar, l’Euro, le Yen et la Livre  sterling. La composition de ce panier de monnaie est réexaminée périodiquement ( tous les cinq ans ) mais sa valeur est déterminée quotidiennement. En 2002, en moyenne, 01 D.T.S valait 1,26 Dollars et le montant global s’élevait  à 290 milliards de dollars.

                Pour faire face à des difficultés passagères de financement de leurs balances de paiements, les Etats membres peuvent recourir au compte des ressources générales  du fonds, lequel peut également contracter des emprunts  auprès d’autres institutions internationales ou auprès d’organisations informelles comme le club de Paris, qui regroupe les 19 Etats détenant les plus fortes  créances sur les pays en voie de développement avec lesquels des négociations de gré à gré s’établissent afin de remédier en poids de surendettement qui caractérise la structure de leur fonds publique.

                 Les sources de financement permettent aux fonds monétaire international de débloquer des crédits et de procéder à des concours financiers.

 2.    Les Concours Stratégique Financiers Du F.M.I

 2.1.      L’immédiat après guerre :

                          Depuis sa création, le F.M.I accorde ses concours financiers très avantageux aux pays en voie de développement connaissant des problèmes d’équilibres de leur balance de paiements.  Sur la période 1947-2000, les pays qui ont fortement sollicité le F.M.I  sont : le Mexique  avec 20 milliards de D.T.S , La Corée avec 18 milliards, la Russie avec 16 milliards, le Brésil avec 13 milliards et l’Argentine avec 11 milliards.

                          Les instruments de prêt sont nombreux : aux accords dits de confirmation mis en place en 1951, qui reste à ce jour le principal support des prêts, s’ajoutent cinq autres modalités d’octroi de crédits existants aujourd’hui, et sont tous, peu ou prou, de caractéristiques semblables. Ces crédits sont assortis de conditions, ils sont temporaires et décaissés selon le mécanisme de financement sollicité par l’Etat demandeur pour une période allant de 6 mois à 4 ans et ils sont remboursables.

                           La création du F.M.I caractérise le renouveau institutionnel qui marque la période après guerre. Le fonds veille à ce que les comportements monétaires non coopératifs de l’entre deux guerres, qui étaient à l’origine des crises qui ont alimenté l’esprit belliciste de nombreux Etats, ne se reproduisent plus. Il s’agissait alors de mettre sur pied un nouveau système  monétaire international  ( S.M.I ) contribuant à la stabilité des cours de monnaies. Cet objectif s’est concrétisé par l’adoption d’un régime de changes fixes mais ajustable où les cours sont susceptibles de varier dans le cadre de marges de fluctuations à minima et maxima définies de manière concertée. Néanmoins, ce régime a plus ou moins bien fonctionné pendant un quart de siècle avant de voir surgir des désordres monétaires au début des années 1970.

 2.2.      Les désordres monétaires  des années 1970 :

 Les règles qui fondaient l’ordre monétaire  instauré en 1944 sont bouleversées après la décision du gouvernement Américain de supprimer ce système de change fixe en refusant d’assurer la libre convertibilité du Dollar en Or et ce, en Août 1971. Cette décision ouvre une période de flottement généralisé des monnaies. Un système qui sera officialisé en 1976 avec la signature des accords de Jamaïque. Une logique de marché se substitue  à une forme de gouvernance mondiale contrôlée : Les capitaux et devises circulent librement, prétexte à des mouvements spéculatifs de grande ampleur qui renforcent les déséquilibres affectant  la balance de paiements de nombreux Etats. Cette situation face à laquelle le F.M.I. s’est trouvé, a affaibli d’autant son rôle d’arbitrage qui s’est vu réduit à la portion congrue.

Le F.M.I. n’est ni une agence d’aide, ni une banque de développement et, à la différence des prêts alloués par ces dernières, ses concours  ne sont pas destinés à financer des projets ou des secteurs d’activité spécifiques. ils font l’objet d’un dépôt auprès de la banque centrale de l’Etat récipiendaire à seule finalité de compléter ses réserves de changes. En dernier lieu, l’octroi de ces prêt est subordonné au respect de la mise en œuvre effective d’une politique économique convenue entre les autorités de l’Etat bénéficiaire et les autorités du F.M.I.

Cette tendance s’est notablement accrue au cours des années 1980 et marque une plus grande intervention du F.M.I. sur la structure productive et financière des économies nationales par le biais des politiques dites d’ajustements structurels.

 3.   La Politique Stratégique d’Ajustements Structurels (P.A.S.) et de réduction de la pauvreté dans les P.V.D

3.1.      La gestion des dettes durant les décennies  80 et 90.

 Après le désordre monétaire des années 1970, le début des années 1980 s’annonce crucial pour le F.M.I et pour les pays en voie de développement. Durant la décennie 80, les ressources du F.M.I vont servir essentiellement à résorber la crise mondiale des endettements, dus aux prêts excessifs octroyés aux pays en voie de développement. En 1982, le Mexique suspend le service de sa dette, bientôt suivi par d’autres  pays d’Amérique latine. Nombre de prêts viennent à échéance en 1982-83 et ce continent se voit dans l’obligation de transférer vers le F.M.I davantage stratégique de flux financiers qu’il ne peut espérer recevoir. Cette spirale d’endettement ouvre une période caractérisée par la mise en place de la politique d’ajustements structurels des économies marquées par la succession de divers plans de rééchelonnement ou de reconversion de la dette. Une telle politique, fonctionnelle jusqu’à nos jours, peut être considérée comme un avantage stratégique apporté par le F.M.I aux pays en voie de développement à condition que les gouvernements de ces Etats aient les capacités et les méthodes effectives pour la bonne mise en œuvre de cette fameuse politique dont la mauvaise application  peut entraîner des conséquences néfastes dont l’exemple est indiqué plus loin dans ce sujet. Pour la bonne mise en œuvre de la P.A.S. j’en veux comme modèle celui du Maroc qui, pour amorcer son décollage économique et parer à ses difficultés, a entrepris durant les années 80 et début des années 90 des réformes structurelles et ce, sur conseils du F.M.I. et de la banque mondiale.

La situation qui prévalait au début des années 80, caractérisé par de graves déséquilibres, a failli mettre le Royaume du Maroc dans une position de cessation de paiements : Un taux d’inflation de 10,2% en 1982 ; Des déficits du trésor et du compte courant de la balance de paiements de l’ordre respectivement de 12 et 12,2% du P.I.B. En 1982 toujours, un déficit du budget ordinaire d’un milliard 400 millions de dirhams. Un endettement correspondant à 123% du P.I.B en 1984 et un service de la dette extérieure représentant 57 % des exploitations des biens et des services. Le tout assorti d’arriérés de paiements intérieurs et extérieurs tout aussi exorbitants et excessivement élevés. De là, la nécessite d’urgence pour la Maroc d’adopter des mesures traduites, en fait, par la fameuse et avantageuse politique d’ajustements structurels qui a porté sur l’assainissement du secteur d’entreprises publiques, la modernisation du système fiscal, la libéralisation du commerce extérieur et des changes ainsi que la réforme du secteur financier.

Cette prise de position courageuse a eu un impact réel et positif. Voilà à ce que à quoi toutes ces mesures ont donné lieu à la fin de l’année 1993 : Un taux d’inflation ramené à 5,2 % ; Un déficit du trésor de l’ordre de 2,2 % du P.I.B ; Un déficit de la balance de paiements réduit à 2,1 % du P.I.B ; Un encourt à la dette extérieure par rapport au P.I.B et un service de la dette nettement inférieur à ce qu’il était avant le rééchelonnement ; Le renforcement des avoirs extérieurs ont atteint l’ordre de 4 milliards de dollars. Une autre conséquence positive de cette politique, c’est l’émergence des collectivités locales comme facteur de développement économique et social. C’était un exemple de pays en voie de développement qui s’est vu accordé un conseil avantageux du F.M.I  et de la Banque Mondiale durant les années 80 et il a pu voir l’autre bout du tunnel au début des années 90

Durant cette période, des critiques se sont accrues contre les institutions financières internationales. Si le poids de l’endettement continue à jouer le rôle de goulet d’étranglement, les crise de changes qui se succèdent durant cette décennie sont d’une nature quelque peu différente. Certaines ont concerné les pays industrialisés ( notamment l’Europe en 92-93 avec la crise du système monétaire européen ) mais elles frappent surtout les pays émergents comme le Mexique en 1994, plusieurs pays asiatiques en 1997, la Russie en 1998, le Brésil en 1999 et l’Argentine en 2001.

A chaque fois, un scénario quasi identique se produit : un mouvement spéculatif sur telle devise aboutit à une forte dépréciation de sa valeur, laquelle provoque une fuite des capitaux qui entraîne un déficit de la balance de paiements. Le pays qui en est victime sollicite alors d’intervention du F.M.I qui, en contre partie des crédits qu’il alloue, exige de l’Etat en question des ajustements. En réalité, et à mon avis, se sont des occasions de redressement pouvant etre très avantageuses pour le pays en crise d’autant plus  que le F.M.I a mis en place une politique de facilité pour la réduction de la pauvreté  et pour la croissance   ( F.R.P.C ).

 3.2.       STRATEGIE  DU F.M.I. POUR VAINCRE  LA PAUVRETE .

 La facilité pour la réduction  de la pauvreté  et pour la croissance ( FRPC ) est une  initiative  du F.M.I  mise en œuvre  depuis  septembre 1999 . cette politique se traduit  par l’élargissement  des objectifs  des prêts  accordés aux P.V.D en mettant l’accent plus particulièrement  sur la lutte  contre la pauvreté dans  le contexte d’une stratégie  orientée  vers la croissance . Pour se faire, le F.M.I accorde  des prêts  assortis de faibles taux intérêt en vue  d’intégrer davantage stratégique les objectifs  de lutte contre la pauvreté  et de promotion de la croissance  dans ses opérations au sein des pays membres  en général et des plus pauvres en particulier. Un examen récent , établi en 2002 , a confirmé  que cette politique  est devenue  très favorable aux P.V.D .

Les programmes de la F.R.P.C. reposent  sur la base de  documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté ( D.S.R.P)  qui sont préparés  par les autorités nationales des pays bénéficiaires  avec les participation active  de la société civile, y compris  les pauvres , et d’autres partenaires  de développement. Les Conseils  du F.M.I et de la Banque  mondiale  servent comme  référence  pour l’accord  des prêts concessionnels  et l’allégement  de la dette  en faveur des pays pauvres  les plus endettés. On remarque  donc  que la politique de la  F.R.P.C  est axée  sur le principe de la  large  participation du public  et la plus grande prise  en charge du programme par le pays. Seulement, pour aider  l’Etat récipiendaire à  bien  cibler ses dépenses et  établir ses priorités en la matière, les programmes  appuyés  par la F.R.P.C  mettent l’accent  sur le renforcement de la gestion publique ,en particulier sur  les mesures visant à améliorer  la gestion des ressources publiques , la transparence et la responsabilisation. Ils accordent plus d’attention aussi à l’impact des principales mesures  de la politique macroéconomique sur la pauvreté  et la situation  sociale . le cas échéant , le F.M.I fait appel aux compétences de la B.M pour la conception de programmes appuyés par la F.R.P.C  et les services des deux institutions coopèrent étroitement  en ce qui concerne la conditionnalité. La B.M prend l’initiative pour l’élaboration de stratégie  de réduction de la pauvreté , notamment  son évaluation, le suivi, les questions  structurelles  et sectorielles , la dimension  sociale  et la détermination  des dépenses prioritaires de lutte contre la  pauvreté.

Les fonds  de ces programmes sont empruntés auprès des Banques Centrales ,d’Etats  et d’organisme publics, généralement aux taux d’intérêt du marché. Les contributions  des donateurs bilatéraux  et les ressources  du F.M.I  permettent de financer  l’écart entre le taux d’intérêt du marché versé  aux prêteurs  et le taux  annuel de 0,5 % versé  par les bénéficiaires. Une réserve sert de garantie en cas de paiement tardif ou de défaut de paiement ou encore de disparités  temporaires entre le paiement  et le remboursement. Une telle politique qui se caractérise  par un tel prêt à un tel  taux d’intérêt n’est - il pas  un très grand avantage stratégique pour les pays en voie de développement qui a sans doute de bonnes conséquences sur  l’économies des P.V.D.

 3.3.      CONSEQUENCES DE CETTE POLITIQUE.

 En dépit des concours financiers importants ( 17,8 milliards de dollars en 1994 pour le Mexique et 36 milliards pour le continent asiatique en l’espace de deux ans ), la conditionnalité qui a présidé à l’attribution du soutien du F.M.I est aujourd’hui l’objet de contestations diverses et laisse dire parfois que le F.M.I ne peut apporter d’avantages stratégiques aux pays en voie de développement car, selon les défenseurs de cette thèse, les politiques d’ajustements structurels et de lutte contre la pauvreté prônées par le F.M.I se caractérisent par une stricte orthodoxie en matière de finances publiques, laquelle s’exprime, en premier lieu, par des exigences très fortes en matière de politique budgétaire. Il s’agit, le plus souvent, d’accroître les recettes mais surtout de réduire des dépenses courantes ( dépenses du personnel que l’on ne peut abaisser qu’en réduisant les salaires ou en diminuant le volume d’emploi ) et de sélectionner plus sévèrement les dépenses d’investissements en les orientant vers des domaines d’activités susceptibles d’engendrer des revenus en devises qui permettraient d’assurer le service de la dette.

Dans cette politique, qui est considérée comme un avantage stratégique apporté aux pays en voie de développement par les uns et contestée par les autres, tout déséquilibre de la balance de paiements s’analyse comme le résultat inéluctable d’une gestion dispendieuse, une hypothèse devenue classique selon les « anti-politiques d’ajustements » et d’ajouter, qu’en plaçant l’austérité monétaire et fiscale au centre des politiques d’ajustements, l’action du F.M.I a pu contribuer à amplifier les effets récessifs engendrés par un désordre boursier qui, à l’origine, n’est imputable qu’à la seule défaillance du marché des capitaux privés. Or en ignorant cette réalité ou du moins en minorant l’effet causal de ce type de comportement et en imposant une conditionnalité macroéconomique très stricte, l’action du F.M.I ne laisse guère de place aux réflexions sur les conséquences sociales, souvent extrêmes, des politiques proposées. On a fait allusion à ses conséquences néfastes, plus haut dans ce sujet, en disant que leurs causes principales sont la mauvaise mise en œuvre des politiques d’ajustements mais les « Anti-P.A.S » veulent défendre leur position en proposant comme exemple la crise de l’Argentine des années 2001-2002 qui, selon eux, reste l’illustration parfaite de ce paradoxe puisqu’elle a coûté son poste à un président de la république, plongé le pays dans un état de quasi-faillite et jeté dans les rues des milliers de nécessiteux alors même que l’Argentine, jusque là financièrement soutenue, figurait sur la liste des « bons élèves » du F.M.I.


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